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Le nouvel essentiel

8 mai 2020, 16:21

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Le nouvel essentiel

Les jours, les semaines et les mois passent. Le confinement perdure.

Je m’attelle au quotidien. Le sens du temps a changé. Les lendemains sont incertains.

La décroissance, elle, est réelle. Je voudrais qu’elle demeure.

Il y aurait moins de pollution, moins d’embouteillages, moins de bruit et moins d’empressement.

Bientôt 8 milliards d’humains et le système socio-économique en place ne profite qu’à quelques centaines de millions sur la planète. La croissance ne profite qu’aux nantis dans les pays nantis.

Si nous ne vivons pas plus simplement, sans la vitesse des avions et des voitures, sans la production de masse de viande et de biens de consommation, le château de cartes s’écroulera.

Saurons-nous encore vivre de l’essentiel après le confinement ?

Mais quel essentiel ?

Celui des corporations tentaculaires et de leurs alliés dans les machineries d’état corrompues, celui de ces masses de fonctionnaires totalement sécurisées mais inutiles, celui des spéculateurs financiers ou encore celui des trafiquants de drogue ?

Le nouvel essentiel doit s’ancrer sur un réseau productif simple et autonome : être indépendant autant que possible, avoir un métier et offrir directement à la communauté le fruit de son labeur, biens ou services sans intermédiaire.

Pour rendre à l’humanité sa dimension communautaire, chacun pourrait :

Choisir de produire lui-même de la nourriture saine et partager le surplus avec les proches, la famille et les voisins.

Échanger de plus en plus notre production et nos services en ayant moins recours à la vaste supercherie qu’est l’argent : retrouver la gratuité et l’entraide.

Consommer de façon modeste et parcimonieuse, en respectant totalement l’équilibre de la planète.

À l’île Maurice, notre société est plombée par ceux qui profitent des labeurs des travailleurs productifs. Les profiteurs eux ont tous les droits et aucun devoir. Cependant, celui qui produit, lui, vit dans l’incertitude. Il assume ses responsabilités, respecte ses obligations et a des comptes à rendre.

Les parasites économiques ont des carrières assurées sans justifier leur salaire, sans avoir à rendre compte de leur production.

Ce déséquilibre éthique rend notre société inégale et malsaine.

Commençons donc par la déréglementation. Réduisons le nombre de ministères, de corps para étatiques et les privilèges de l’État.

Conservons et estimons que ceux qui méritent le titre de «civil servant».

Ainsi, nous n’aurons plus la horde de fonctionnaires et de protégés qui parasitent les secteurs productifs. Ces capacités libérées se réorienteraient nécessairement vers des occupations saines et utiles voire essentielles. L’incertitude générerait la solidarité spontanée, facteur de cohésion sociale.

Coronavirus et le confinement nous ont enseigné l’essentiel :

Se nourrir sainement ;

respecter les gestes et les conditions d’hygiène qui assurent une bonne santé ;

prendre le temps de vivre en famille, passer du «quality time» avec nos enfants et les soutenir dans leurs études ;

se former et s’informer sans se déplacer ;

s’entraider gratuitement ;

s’occuper de son domicile, de son balcon, de son jardin ;

honorer et répandre les principes qui protègent la nature.

Le confinement a ouvert nos yeux et nos cœurs sur une autre façon de vivre. Toutefois, si chacun de nous ne prend pas individuellement la décision radicale de changer sa vie, les politiciens et les fonctionnaires, assurés de leur pactole, ne la prendront pas pour nous.

Dans l’immédiat, les «assurés socio-économiques» fonctionnaires inutiles et autres employés de corporations ou d’entreprises subventionnées par l’État, pourraient offrir volontairement une part de leurs salaires ou de leurs «ration» à ceux qui n’ont rien eu comme aide étatique depuis le confinement. Les groupes de quartier, la Croix Rouge et autres Caritas s’en chargent.

Confinons nos désirs à l’essentiel, avec et sans Corona.

Choisissons la Vie et la Planète.

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