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Navin Ramgoolam: «Sous l’emprise des membres de ‘la kwizine’, il y a eu des ingérences politiques à Air Mauritius»

22 avril 2020, 16:18

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Navin Ramgoolam: «Sous l’emprise des membres de ‘la kwizine’, il y a eu des ingérences politiques à Air Mauritius»

Selon Navin Ramgoolam, la mise sous administration volontaire d’Air Mauritius aurait pu être évitée s’il n’y avait pas d’ingérences politiques. Dans une déclaration à l’express, l’ancien Premier ministre explique comment la nomination des proches du pouvoir ont contribué à accélérer la chute de la compagnie d’aviation nationale et à la dilapidation de 82 millions d'euros.

Voici l’intégralité de sa déclaration: 

Le coronavirus règle désormais nos vies mais on ne peut pas tout lui imputer. Il est trop facile de tout mettre sur son dos. Cela fait plus de quatre ans que nous annonçons qu’Air Mauritius va tout droit dans le mur en attendant le crash définitif. Sous l’emprise des membres de «la kwizine», il y a eu des ingérences politiques par des protégés qui ne comprenaient rien au monde de l’aviation commerciale. Cela a conduit à du gaspillage et à des mauvaises décisions. Parmi d’autres aberrations, il y a le fameux corridor Afrique-Asie. À l’époque, je n’avais pas manqué de faire ressortir l’incongruité de cette décision. Aujourd’hui, je me demande encore qui a pu prendre une telle décision aux conséquences désastreuses. Il y a aussi eu le cas de l’achat de deux avions en 2017 alors que ce n’était pas nécessaire. Air Mauritius, ne pouvant plus payer les appareils, les a alors loués à South African Airways, elle-même en grande difficulté. Résultat: South African Airways ne paye plus mais Air Mauritius doit payer à Airbus. 

C’est ainsi qu’ils ont perdu deux milliards de roupies sur deux ans. Ils ont alors vendu l’hôtel Cotton Bay à Rodrigues et ils ont pris de l’argent du AML pour dissimuler leurs pertes. Posez-vous la question: une compagnie de l’envergure d’Air Mauritius, n’a-t-elle pas de réserves pour tenir deux mois ? Or, des petites compagnies arrivent à se maintenir à flot. 

Je tiens à rappeler aux Mauriciens qu’a l’époque du renvoi de Megh Pillay à cause de l’action disciplinaire prise à l’encontre de Mike Seetaramadoo, (un membre de «la kwizine») la compagnie avait des réserves de 82 millions d’euros. Voilà comment des incompétents ont conduit Air Mauritius droit dans le mur. Il va de soi qu’un gouvernement responsable aurait agi différemment. 

Si Pravind Jugnauth comme ministre des Finances n’avait pas fait main basse sur les 18 milliards de roupies dans la réserve de la Banque Centrale avec la complaisance de Padayachy, qui décidait de tout à la Banque de Maurice, il y aurait aujourd’hui de quoi injecter dans Air Mauritius. Or, cet argent a été utilisé pour payer la pension universelle et rembourser des dettes pour des projets comme le stade de Cote d’or (un véritable éléphant blanc).

Voilà ou l’incompétence de Pravind Jugnauth et ses acolytes ont conduit le pays !

Il aurait été sage d’injecter de l’argent dans Air Mauritius car cette entreprise est essentielle pour notre économie. Il est évident pour quiconque ayant un peu de jugeote que certains de nos avions auraient dû être transformés pour accommoder le cargo aérien. Or, il semblerait bien que certains petits malins voyant le crash arriver avaient déjà commencé à discuter des propositions avec certains prédateurs pour vendre Air Mauritius pour une bouchée de pain. 

La situation devient inacceptable quand on considère la nomination de l’asset stripper, Monsieur Sattar Hajee Abdullah comme administrateur. Il faut savoir que du moment qu’un liquidateur est nommé, des emplois sont à risques ainsi que des pensions. Dans les faits, cela concerne 3 000 emplois directs. En tenant compte de l’effet multiplicateur, il faut ajouter la mise en péril de 5 000 emplois directs et de 5 000 - 8 000 emplois indirects. 

Ce n’est un secret pour personne que Sattar Hajee Abdullah, membre de «la kwizine» entretient des relations privilégiées avec Pravind Jugnauth. Je rappelle aux contribuables que lorsque Sattar Hajee Abdullah était administrateur de la BAI, il a empoché la coquette somme de 26 millions de roupies pour 18 jours de travail.

Pour votre information, je souligne que ce personnage était aussi membre de la commission d’enquête sur Britam (avec les conséquences néfastes que vous savez) et il est aujourd’hui également Chairperson du SBM Holdings qui a des actions dans l’hôtel des Jugnauths, Maradiva. 
À partir de là, ce qui risque de se passer dans les jours à venir relève de l’évidence.

Voilà où l’incompétence, l’amateurisme et la corruption sont en train de conduire le pays !

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