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En quarantaine: ils racontent leur angoisse d’être tantôt positifs tantôt négatifs…
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En quarantaine: ils racontent leur angoisse d’être tantôt positifs tantôt négatifs…
Ballotés d’un centre à un autre, testés tantôt positifs, tantôt négatifs au Covid-19, ils disent devoir subir l’humeur du personnel soignant et côtoyer des chiens et chats errants… Cette quinzaine de jeunes mauriciens a atterri à Maurice le 17 mars après avoir travaillé sur des paquebots de croisière. Mais voilà qu’ils sont toujours en quarantaine. Ils sont désespérés et craignent pour leur santé et leur vie…
Dipti et Calvin confie qu’ils ont été conduits à l’hôpital de Souillac le 22 mars car ils ont été testés positifs. Durant leur séjour, les deux jeunes sont traités à l’oseltamivir phosphate et la chloroquine, deux fois par jour pendant six jours. Ensuite, le 28 mars, ils sont transférés au centre de traitement à l’hôtel Victoria, qui abrite des cas positifs mais asymptomatiques. Mais avant cela, c’était trois heures d’attente avec un soleil de de plomb, dans un véhicule, le temps qu’on décide où les poster, racontent les jeunes.
À l’hôtel Victoria, le 31 mars, Dipti et Calvin subissent un deuxième swab test et le 5 avril, ils sont informés qu’ils sont toujours positifs. Le médecin responsable du centre de traitement les informe qu’ils ne prendront toutefois plus de médicament et, qu’à partir de là, leur système immunitaire devrait faire le reste.
Le samedi 11 avril, Dipti et Calvin font eux-mêmes le troisième swab test et le soir, une infirmière les informe par téléphone qu’ils sont toujours positifs et doivent reprendre le traitement. Mais quid des dires du médecin ? «Pa pe kompran noumem, protocole la sanz sanze»¸ déclaré une infirmière à Dipti.
Le lundi 13 avril, Dipti et Calvin feront un autre test car le précédent test effectué par eux-mêmes n’aurait donné aucun résultat ! Un patient aurait subi un swab test par un médecin testé positif car le médecin testé négatif ne voulait pas prendre de risque… Comme ils ne ressentent aucun symptôme, Dipti demande à voir ses résultats mais on lui oppose un refus catégorique.
Auparavant, Dipti et Calvin étaient à Asso Villa, autre lieu converti en centre de quarantaine. Où se trouve aussi Govind, qui comme une dizaine d’autres, après deux tests négatifs, est transféré à l’hôtel Radisson Blu à Poste-Lafayette en attendant le test final. Comme ils sont persuadés d’être négatifs, les mesures de sécurité se relâchent, tolérées d’ailleurs par le personnel soignant.
Deux jours après, Govind est informé par téléphone que son troisième test est positif. «Je n’en ai fait que deux», soutient-il toutefois. Quand il demande des explications, on lui répond qu’il sera transféré du Radisson Blu au Victoria avec les cas positifs comme Dipti et Calvin. Et qu’on lui répondra là-bas. C’était le 5 avril. Mais il ne pourra consulter ses résultats. Et il attend toujours ses explications.
A Asso Villa, Raj et 10 autres ont aussi effectué après un premier swab test le 31 mars. En pleine nuit le 2 avril, ils sont informés que leurs tests sont positifs et qu’ils seront transférés à l’hôtel Victoria. Les locataires testés négatifs vont, eux, au Radisson Blu.
Mais voilà qu’une fois à l’hôtel Victoria, Raj et ses camarades voient une vidéo circulant sur la toile où le propriétaire d’Asso Villa expose ses états d’âme et déclare que les 11 testés positifs dans son hôtel ne l’étaient pas en réalité….
Pourquoi ils ont rejoint des cas positifs à l’hôtel Victoria quand ils étaient en fait négatifs, se demandent alors ces jeunes. «Which is which?» Ils demandent à consulter leurs résultats. Même refus.
Selon un représentant du ministère de la Santé, les résultats de Raj et des 10 autres sont en fait positifs et l’intervention du directeur d’Asso Villa sur Facebook était peut-être destinée à faire croire qu’il n’y avait pas de porteur de virus dans son hôtel, probablement parce qu’il a peur que cela fasse fuir ses clients.
Le dimanche 12 avril, Raj subit un troisième test. Et un quatrième le mardi 14 avril. Quand il demande pourquoi un quatrième test alors que les résultats du troisième se font toujours attendre, on lui répond que les données du test de dimanche ont été égarées et que c’est pour cela qu’un quatrième test doit être effectué. Les résultats étaient toujours en attente au 15 avril !
Ce qui ne fait qu’ajouter à leur angoisse : le fait qu’ils étaient à cinq dans une chambre, affirment-ils. Ils se demandent surtout, s’il s’avère qu’ils ne sont pas porteurs du virus, s’ils ne finiront pas par l’attraper à l’hôtel Victoria où les conditions seraient encore plus déplorables, avec des plats de mauvaise qualité, soutiennent-ils.
Aux dires des résidents, ils sont 125 à faire la queue pour recevoir leurs plats et les faire chauffer dans l’unique micro-ondes obtenu après maintes demandes. Le personnel soignant les traite avec distance, les engueulant quand ils sont à moins de cinq mètres. Seule bonne nouvelle jusqu’ici : ils ne ressentent pas de symptôme et se portent bien.
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