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Prolongement du confinement positif: mais l’avenir fait peur

11 avril 2020, 16:07

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Prolongement du confinement positif: mais l’avenir fait peur

La décision du Premier ministre était attendue avec impatience. Au final, c’est la santé des Mauriciens qui a primé. La prolongation du confinement est saluée par les principaux acteurs du pays.

La décision du conseil des ministres a été communiquée par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à la télévision, hier soir. Le confinement est prolongé jusqu’au lundi 4 mai. Sauf pour Rodrigues et Agalega où les habitants pourront reprendre leur vie normale dès le mercredi 15 avril. Toutefois, les institutions scolaires resteront fermées dans les deux îles. Si la décision est accueillie favorablement par la classe politique, l’impact économique de cette décision fait craindre les opérateurs.

L’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, estime que c’est une bonne décision. «J’avais demandé que le couvre-feu soit étendu jusqu’à fin avril et tant mieux si c’est au début de mai. Il y avait des pressions exercées par certains pour lever au moins partiellement le couvre-feu pour permettre à l’économie de redémarrer. Je qualifie cela de criminel», dit-il.

Le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, partage cet avis, mais insiste pour une hausse de l’amende de Rs 500 infligée à ceux ne respectant pas le couvre-feu. «Je trouve que le prolongement est la meilleure décision à prendre, surtout qu’on n’est pas encore arrivé au pic de la maladie», affirmet-il, en insistant que désormais le gouvernement devra présenter un plan pour les travailleurs.

Toutefois, l’absence de détails, lors de la déclaration du Premier ministre, sur l’aide destinée à ceux du secteur informel «choque» le leader du MMM, Paul Bérenger qui s’attendait, d’ailleurs, à un prolongement. «C’est inacceptable et cela démontre un manque de leadership à la tête du pays. J’espère que le gouvernement viendra vite avec des annonces pour les salariés et autres travailleurs du pays.»

D’ailleurs, Amar Deerpalsing, président de la Fédération des petites et moyennes entreprises, ne cache pas son appréhension tout en exprimant sa compréhension face à la décision du gouvernement. «Ce prolongement implique le risque de licenciements massifs des employés et la disparition des petites entreprises. Hormis les salaires, les PME ont d’autres coûts fixes comme location, assurances, prêts bancaires pour les véhicules utilitaires, entre autres. J’espère que l’État mettra en place un plan de soutien qui tiendra en compte ces aspects et qu’il aidera à payer les salaires comme fait précédemment», propose-t-il.

Par ailleurs, Business Mauritius se solidarise avec le gouvernement après l’annonce de l’extension du confinement. Vidia Mooneegan, Chairman de cette institution, rappelle que la santé publique est prioritaire. «Entre le choix de protéger la santé de la population, les travailleurs de ce pays et les considérations économiques des entreprises, Business Mauritius estime qu’il n’y a aucune hésitation. C’est la santé publique qui est notre principale priorité. Car il va de soi que si nous n’arrivons pas à contenir ce virus et qu’on lève le confinement, c’est la vie de nos employés qu’on mettra en péril et ce sont les entreprises qui au final vont souffrir», maintient-il, tout en concédant que le confinement a un impact énorme sur l’économie.

 

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