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Fin du lockdown: l’économie ou la santé avant tout?

9 avril 2020, 16:30

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Fin du lockdown: l’économie ou la santé avant tout?

Le ton se fait moins alarmiste du côté du gouvernement. La fin de la période de confinement dû au Covid-19 arrive-t-elle enfin, à l’échéance du 15 avril ? D’autant que, depuis le 6 avril, le National Communication Committee ne cesse de mettre en avant les cas de guérison : 23 en ce jeudi 9 avril. Mais d’autre part, nous avons aussi 41 cas de plus.

Quels sont les critères qui seront pris en considération avant que le pays ne mette fin au lockdown ? «Le gouvernement s’appuie d’abord sur l’avis des médecins qui nous guident dans notre prise de décisions. Ma priorité reste la santé et rien d’autre», a expliqué Pravind Jugnauth, lors du point de presse du mercredi 8 avril. Et le vendredi 10 avril, le Conseil des ministres devra trancher.

 
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Les autorités se targuent d’avoir pu contenir la propagation du virus. Brandissant notamment une courbe de prévision de l’Organisation mondiale de la santé.

«Il faut être sérieux. Il nous faut des données exactes et établir un modèle avec des faits et vérités pour savoir s’il faut unlock the lockdown. On ne peut pas enlever le confinement sans des données sérieuses», déclare Arvin Boolell, leader de l’opposition. Ce jeudi 9 avril, il a d’ailleurs posté une vidéo sur Facebook dans laquelle il a notamment insisté sur la nécessité d’augmenter la capacité du dépistage.

Les tests doivent être faits de façon aléatoire avec un échantillon représentatif de la population, insiste le Dr Deoraj Caussy, épidémiologiste. Pour lui donc, les cas connus ne reflètent pas la réalité. «C’est arbitraire ce qu’on fait. C’est du trial and error. On essaie de contrôler le virus à travers le confinement pour montrer que le gouvernent est proactif.»

Pour le Dr Dawood Oaris, président de l’Association des cliniques privées, «le confinement doit durer». «Peut-être qu’on pourrait opter pour un déconfinement graduel où les jeunes sont relâchés en premier tout en continuant à protéger nos personnes âgées et malades. Il faut analyser l’évolution du Covid-19 pour toute décision et considérer l’après-confinement», précise-t-il.

Plusieurs évoquent également d’abord le pic de la contamination. «Nous n’avons pas encore atteint le pic à Maurice. Un confinement jusqu’à fin avril est inévitable», estime ainsi le leader du PMSD.

Même son de cloche du côté de Ram Nowzadick, président de la Nursing Association. «15 jours additionnels aideront à mieux tacler le problème.» Pour lui, si le confinement arrive à terme le 15 avril, des mesures strictes doivent être établies telles que le port du masque obligatoire et la distanciation sociale.

«Il y a une pression énorme des lobbys du secteur privé pour faire lever les restrictions sanitaires. Je suis en présence de communications de grands groupes qui demandent à leurs employés de travailler en plein couvre-feu sanitaire alors que ce travail ne constitue pas un service essentiel. Je crains que nous ayons un gouvernement dépassé et fragilisé par les intérêts économiques et que c’est un pays presque gouverné par Business Mauritius», relève pour sa part Ashok Subron, animateur de Rezistans ek Alternativ.

«Je ne me suis jamais laissé dicter par un quelconque lobby, économique ou autre», a toutefois lancé le Premier ministre hier.

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