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XV de France: les pistes des «ex» pour sortir du marasme
27 novembre 2017, 16:54
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XV de France: les pistes des «ex» pour sortir du marasme
Quatre matches, aucune victoire et un nul historique (23-23) samedi face au Japon, nation du deuxième rang mondial: trois ex-internationaux du XV de France évoquent des pistes pour sortir les Bleus du marasme.
Championnat: une Ligue fermée
<p>Le Top 14, qui attire beaucoup de joueurs étrangers, est souvent pointé du doigt comme nuisible pour la sélection. <em>«C’est peut-être le championnat le plus rémunérateur, mais ce n’est peut-être pas celui où il y a le plus de vitesse et d’intensité»,</em> estime l’ancien troisième ligne aile (1971-1978) puis sélectionneur (1995-1999) Jean-Claude Skrela.</p>
<p><em>«Ce sera plus facile, c’est sûr, si on fait une ligue fermée et qu’on dit 'feu!' au spectacle»,</em> suggère Thomas Lièvremont, un autre ex-troisième ligne des Bleus (1996-2006).<em> «Il ne sera pas question de résultats mais de jeu à tout-va et on va préparer aux matches internationaux. On crève aussi de la pression qui existe sur tous les clubs, les entraîneurs»</em>, estime l’ex-sélectionneur des moins de 20 ans.</p>
<h2>Tests: fixer des objectifs annuels</h2>
<p>Bernard Laporte avait fixé un objectif de trois victoires en quatre matches qui le ridiculise aujourd’hui autant que Guy Novès. Olivier Magne, encore un troisième ligne (1997-2007), est d’accord pour mettre l’encadrement «sous pression», mais de manière constante.</p>
<p><em>«Je serais d’avis, tous les ans, voire tous les deux ans, de faire un retour et de fixer des objectifs: un pourcentage de victoires minimum pour permettre à l’équipe de France de ne pas végéter»</em>, estime le consultant d’Eurosport.</p>
<h2>Formation: enseigner plutôt qu’entraîner</h2>
<p>Le manque d’inspiration des Bleus face au Japon puise son origine dans l’enseignement de la discipline au plus jeune âge, estime les<em> «ex». «Bien sûr, il faut apprendre la culture de la gagne, mais si on perd un match à l’école de rugby en ayant tenté des choses, pris des risques, ce n’est pas grave»,</em> dissèque Thomas Lièvremont.</p>
<p><em>«Ce qui me frappait chez les -20 ans, c’est que les joueurs prenaient la balle et fonçaient tout droit. Combien de fois les Japonais nous ont-ils eus sur des crochets ?»</em>, souligne cet actuel éducateur dans le Pays basque.</p>
<p>Un avis partagé par Jean-Claude Skrela. <em>«Dans le rugby français, on ne forme pas les joueurs, on les formate très petits. On n’enseigne pas à l’école de rugby, on entraîne. On demande aux gamins de refaire ce que refont les grands. Or, on n’entraîne pas les petits comme on entraîne les grands.»</em></p>
<p>A cela se rajoute un problème de bassin, selon Skrela: «dans les autres nations, le rugby est enseigné à l’école». Ex-directeur technique national (2004-2014), le Toulousain admet qu’il n’est «pas arrivé à faire changer les choses» au cours de son mandat.</p>
<h2>Contrats fédéraux, le retour</h2>
<p>Elu en décembre 2016 à la tête de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte avait voulu imposer des contrats fédéraux. Il a dû reculer devant l’opposition des puissants clubs de Top 14.</p>
<p><em>«Le rugby de l’équipe de France et le rugby des clubs, c’est incompatible»,</em> estime pourtant Skrela, partisan d’un système adopté par les nations celtes et celles de l’hémisphère sud. <em>«Donnez-moi une nation, à part l’Angleterre, où il y a un rugby de clubs. Les Ecossais, qui ont mis 40 points à l’Australie (53-24 samedi, NDLR), jouent la Coupe d’Europe, un peu la Ligue celtique et surtout en équipe nationale»</em>, insiste-t-il.</p>
<p><em>«Aujourd’hui, les mêmes joueurs, vous les prenez sous contrat quand ils ont 17-18 ans, vous les faites travailler, vous les engagez dans les compétitions (en sélection jeunes) et ce seront les vôtres»,</em> ajoute Skrela.</p>
<p><em>«On ne peut pas demander à des gamins d’arriver et de prendre le leadership sur l’équipe de France»,</em> abonde Lièvremont, qui a connu Anthony Belleau, Antoine Dupont ou encore Judicaël Cancoriet, trois néo-internationaux jetés dans le grand bain en novembre, chez les - de 20 ans.</p>
<p><em>«Comment font les autres pays ? Les gamins, ils les intègrent et au début, ils se servent de la dynamique du groupe pour progresser, prendre de l’expérience. On ne peut pas demander à ces joueurs-là de gagner (contre) les Blacks», </em>estime le frère de Marc Lièvremont, autre ex-sélectionneur.</p>
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